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BPCE : Etude sur les produits d'épargne-retraite

08 Mars 2011 - Avec BPCE L’Observatoire, les économistes de BPCE apportent leur éclairage sur des sujets économiques et de société proches du cœur de métier du groupe : la banque et l’assurance. Cette étude analyse la sensibilité et les pratiques des Français en matière de produits d’épargne-retraite, sous un angle associant économie et dimension humaine et prenant appui sur les comportements. Peu flexible, trop segmentée, l’offre de produits d’épargne-retraite ne rencontre pas son marché, pourtant en expansion.

Sans la récuser, les Français ne se sentent pas sécurisés par la réforme des retraites de 2010. Seulement 21 % d’entre eux la jugent rassurante pour les retraites futures ; ils vont donc accroître leurs efforts d’épargne ; se tourneront ils vers les produits d’épargne-retraite ?

Cette inquiétude pour la retraite intervient très tôt dans la vie des Français. 75% des 25-29 se disent inquiets face à la préparation financière de la retraite et 47% pensent se préparer d’ici à moins de 5 ans. Ces intentions ne sont pas sans lendemain : 31% des 30-34 ans disent préparer financièrement leur retraite, cette préparation ne devenant toutefois majoritaire qu’à partir de 50 ans. Toutes les catégories socioprofessionnelles partagent la même inquiétude : 73% des employés / ouvriers comme des cadres / professions intermédiaires pensent que leurs cotisations n’offriront pas des revenus suffisants pour vivre correctement à la retraite. Cependant, en termes de préparation effective, les écarts se creusent après 35 ans : 47% des indépendants/cadres/professions intermédiaires de 35-49 ans ont franchi le pas, contre 34 % des employés/ouvriers du même âge et 72 %, contre 54 % parmi les actifs de 50 ans et plus. La préparation financière est plus tardive pour les femmes : malgré un degré d’inquiétude et des intentions de préparation plus élevés à tous les âges, ce n’est qu’à partir de 50 ans qu’elles sont plus nombreuses que les hommes à s’y être engagées (62 %, contre 54 %).

En revanche, la perception change selon que l’on est propriétaire ou locataire de son logement. La détention d’un patrimoine immobilier est un facteur majeur de préparation et de rassurance pour la retraite : les locataires de plus de 50 ans sont 79 % à se déclarer inquiets face à la préparation financière de leur retraite, contre 52 % des propriétaires du même âge.

Les produits d’épargne retraite, malgré leur développement en nombre (environ 30 % de taux de détention global parmi les actifs et 7,6 millions de cotisants) ne rencontrent pas leur marché : les encours sont fortement concentrés sur le collectif (76,5 milliards d’euros sur un total de 125,5 milliards), les montants moyens sont faibles (environ 1.000 euros par an) et les plans d’épargne retraite individuelle ne représentent que 5 % des encours, comme des cotisations de l’assurance vie.

Alors que 75 % des actifs expriment des craintes quant aux risques financiers encourus et 72 % quant à aux erreurs de gestion, les dispositifs d’épargne-retraite sont complexes et ne font pas émerger une référence de marché rassurante. Ainsi, l’accès aux produits d’épargne retraite est très segmenté, selon les statuts (salariés, indépendants, ..) et la taille de l’entreprise. Pour les salariés des entreprises de plus de 500 collaborateurs, la détention d’au moins un produit atteint 42 %, alors qu’elle est limitée à 15 % pour les salariés d’une entreprise de moins de dix collaborateurs. Dès lors, le choix d’un produit d’épargne-retraite est dicté davantage par le statut ou par la taille de l’entreprise du salarié que ses besoins réels.

Par ailleurs, faute de possibilités de sortie précoce, les produits d’épargne retraite apparaissent souvent en contradiction avec le projet patrimonial phare : l’accession à la propriété. La souscription de ces produits est donc différée à la fois pour des raisons de lisibilité de l’offre et pour des raisons de cohérence avec le parcours patrimonial alors même que leur optimisation suppose une longue durée d’épargne.

L’engagement dans un produit "tunnel", le manque de flexibilité de cette offre, et en particulier la rigidité due à l’absence de choix entre rente et capital ne répondent pas à l’ensemble des besoins de sécurisation : au-delà de revenus supplémentaires, la possibilité de financer un projet, d’aider ses proches, de transmettre, de s’adapter en cas de dépendance... Une offre plus flexible, mêlant rente et capital assortie d’arbitrages possibles dans le temps, est souhaitée par une majorité de Français.

Les perspectives de l’épargne-retraite semblent plus favorables pour les produits collectifs. L’épargne-retraite individuelle est freinée par l’aversion à la longue durée, le besoin de rassurance sur la gestion et la concurrence de l’assurance vie.

Les produits collectifs, sous réserve d’une contribution de l’entreprise, sont jugés in fine plus attractifs : 27 % des salariés du privé envisageraient "certainement" d’y recourir, quitte à y consacrer 2 à 4 % de leur salaire. La dimension de rassurance et d’efficacité économique liée à la participation de l’entreprise l’expliquent cette appétence, même si la flexibilité des contrats est là encore perfectible.

Pour en savoir plus : http://www.bpcelobservatoire.fr/