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Interview de François Pérol



Le Groupe BPCE publie ses résultats au 3e trimestre 2009, que doit-on en retenir ?

Le groupe BPCE est profitable. Après un semestre difficile où le groupe a annoncé des pertes importantes, nous retrouvons la rentabilité avec 447 millions d’euros de profit trimestriel. Ces résultats sont très comparables avec ceux de nos principaux concurrents, Société Générale ou Crédit Agricole.
C’est une bonne nouvelle pour nos clients et pour tous les collaborateurs du groupe qui, chacun à leur niveau de responsabilité, ont contribué à ce résultat.

Pourriez-vous nous en dire plus sur les principaux moteurs de croissance pour la banque de proximité ?

Tous les métiers contribuent positivement aux résultats : Natixis, la banque de proximité et les métiers de l’immobilier.
Dans la banque de proximité, plusieurs choses ont joué :

  • d’abord une vraie dynamique commerciale que l’on retrouve notamment sur le crédit immobilierµµµµ
  • ensuite, une configuration de taux qui nous avantage parce que les taux à court terme ont beaucoup baissé et cela nous aide à nous financer moins cher
  • et, enfin, il y a une très bonne maîtrise des frais de gestion sur l’ensemble du périmètre de la banque de proximité.

Je reviens maintenant à Natixis qui annonce des bénéfices. Est-ce que l’on peut désormais envisager un avenir plus serein ?

Après cinq trimestres de pertes, Natixis est bénéficiaire avec 268 millions d’euros de résultat net pour le 3e trimestre. Ce résultat est dû, non pas à des éléments exceptionnels, mais aux trois métiers « cœurs » qui sont ceux sur lesquels Natixis a été recentré : la banque de financement et d’investissement, l’épargne, les services financiers spécialisés.
Tous les métiers ont dégagé une contribution positive. Je pense que c’est, là aussi, une très bonne nouvelle, et pour les équipes de Natixis et pour nos clients.
Nous travaillons avec Laurent Mignon (directeur général de Natixis) et ses équipes pour que Natixis se mette sur une trajectoire de profitabilité dans la durée. Donc au 4e trimestre, nous pensons que Natixis sera à nouveau profitable et le Groupe BPCE d’ailleurs, dans son ensemble.

Autre sujet d’actualité, les principaux acteurs bancaires annoncent rembourser l’aide de l’Etat, qu’en est-il pour BPCE ?

Nous avons commencé de le faire, à hauteur de 750 millions d’euros, sur 7 milliards de fonds propres apportés par l’Etat.
Nous allons poursuivre mais nous le ferons sans jamais mettre en danger la solvabilité du groupe. Nous le ferons au fur et à mesure que nous serons capables de dégager des résultats. Nous le ferons au fur et à mesure que nous serons capables de refinancer ces fonds propres sur le marché pour pouvoir rembourser l’Etat. Nous nous inscrivons donc sur une trajectoire dynamique mais progressive de remboursement de l’Etat.

Dernier sujet, on l’a vu dans la presse, sur certains panneaux d’abribus, le groupe affirme soutenir l’économie française à travers ses deux réseaux, pouvez-vous nous expliquer concrètement comment se traduit ce soutien ?

Non seulement il l’affirme, mais il le fait. Nos encours de crédits ont progressé de 3,3% en septembre 2009 par rapport à septembre 2008. 3,3 %, cela a l’air abstrait, mais c’est deux fois plus que le marché dans son ensemble.
Cela se traduit par une progression forte dans le crédit immobilier et par une nouvelle enveloppe qui a été mise à la disposition des collectivités locales par le réseau des Caisses d’Epargne - enveloppe de trois milliards d’euros. Cela se traduit par un accroissement très significatif des objectifs de production de crédits pour le logement social. Au lieu de 1,2 milliard sur l’année 2009, on a relevé notre objectif à 1,5 et à 1,8 milliard.
Et cela se traduit pour les entreprises par une nouvelle enveloppe mensuelle d’un milliard d’euros mise à la disposition par les Banques Populaires. Ce sont des actions concrètes et, sur le terrain, cela se voit. C’est pour cela que l’on a voulu le dire dans la presse, avec deux campagnes : une campagne sur la marque Caisse d’Epargne qui dit que les Caisses d’Epargne - et c’est vrai - n’oublient personne, et une campagne sur les Banques Populaires qui dit que lorsque l’on finance un garagiste, lorsque l’on finance un particulier, un appartement, on finance l’économie et on fait notre métier.
Et c’est ce que l’on va continuer de faire dans les mois qui viennent et dans les années qui viennent.